samedi 22 novembre 2014

Fragment de "romance énigmatique de la panthère rose" et commentaire d'Alain Baudemont


3. Le vendredi 21 novembre 2014 par message onirique de l'heure des merles
Ils ont pas chanté les merles encore, parce qu'il est nuit ferme sans appel, mais les musiciens eux, ils sonnent sur mon yutub.
Sinon, le monde, autrement, reste stable. L’on sait que tout change, que l’on vieillit plus vite dépassés par un texte incohérent du quotidien et d’une Histoire de plus en plus étrangère. Comme disait un jeune leader espagnol : il y a des gens qui sont en train de mourir et qu’avant n’avaient jamais été morts !
Il faut s’y faire à la pourriture qu’est la mort, elle ne nous épargne pas, et c’est notre connaissance la plus fidèle. J’ai connu une romancière pour ainsi dire « folk » qui rapporte une phrase de celles qu’on entendait à la Guerre d’Espagne : « l’oeil c’était pas grave… et il l’avait dans sa main ».
Alors, à quoi revient mon rôle dans une histoire où il est question de ce qu’on pourrait dire humblement « des sorcières », puisque Joséphine s’est installé dans ce caractère dialectique, ne me laissant d’autre choix que d’aboutir à cette représentation ? Cela semble revenir à me vêtir de la pompe de l’inquisiteur. Et bien, si je me refuse de ce geste, de ce masque, pour réclamer mes droits sur mes vidéos et pistes sonores il faut réinventer l’ordre social. Je pense donc à Apulée, dont les histoires de sorcières n’étaient pas du tout un appel à la subséquente chasse. Il écrivait en témoin du mystère, il réclamait tenacement sa liberté, pouvoir partir sans gêne, sans persécution. Et cela serait le bon oeil d’Antoinette, le stylo bricolé qu’elle m’a désenchanté, l’oeil « bon », ou rendu bon, le regard sur l’horizon. Voir la mort, oui, mais découpée sur la montagne, en train de danser avec les femmes et les hommes de toute condition. Remettons Joséphine dans la frise des bacantes. Prenons de loin la chorégraphie de la danse du Sabbath. Considérons que la vie est dure et qu’on se tire dessus pour un rien, et qu’il est beau que finalement nous nous soyons tirés, extraits, de là, une fois et une autre.
Au début, avec Joséphine, je pensais qu’elle avait une vie intellectuelle et des bons amis. Je n’étais moi non plus mainstream, si ce n’est pour la musique, mais niché dans l’anarchisme de mon éducation sentimentale, plutôt un mélange de syndicalisme et de situationnisme ou de maoïsme. Niché aussi dans la position de ce que moi même j’appelais « érudition », à cause de mes lectures classiques et professorales, garantie d’appartenir à une « classe intellectuelle ». Et cela restait pour moi. Je restais sympathisant des loubards, étant moi un exclu devant partager le lit avec eux. Mais à l’extrême je finissais paniqué, puisque Joséphine me disait qu’on allait me casser la gueule.
Mais c’est que pour moi la littérature est un affaire de vérité, au même titre que la peinture. Et la vérité elle a pour moi toujours quelque chose de féminin. J’accorde plus volontiers la raison aux femmes, donc de me trouver opposé à une d’elles, c’est toujours la lutte de l’enfant pour son indépendance, pour la vérité, la mort de mon grand-père fusillé. Cela revient aussi à ce que je ne m’intéresse pour avoir raison contre Joséphine, me trouvant d’ailleurs perclus à son égard dans la terreur paranoïaque depuis qu’elle m’a soufflé quelques faits de guerre.
Je bloque sur ce sentiment de menace, je reste sous le choc. Tout autre souvenir s’évanouit. Ou pour mieux dire, tout autre souvenir se trouve simplifié et vidé de sens, faisant appel au sens de la menace.
Une scène retient tout ça, comme le microcosme dans la paume de sa main. Ce sont les dames âgées qui se sont mises à essayer la marihuana qui vient d’être légalisée dans un des états des USA. Elles se voient exposées aux jeunes qui font des youtubes coquins mais tout poliment. Poliment malin. Parce que nous sommes certains que la première expérience du cannabis ça revient au premier orgasme. Et bien évidement il y a finalement sur ces vidéos quelque chose de glacial, congelé, rebutant pour peu qu’on soit sensibles. Mais nous nous rendons compte que notre scandale n’est pas le seul regard qu’on peut porter sur cela. Que notre avis ne nous est pas demandé. Que dans le youtube il y a quelque chose qui n’est pas la télé, mais la littérature. Et qu’il existe bien la diversité du monde dans la diversité de l’écriture.
Et que la diversité du littéraire était dans le manuscrit, plus encore que dans le livre imprimé. Que c’était le fichier texte ou la calligraphie qui emportaient la pomme de la beauté pour l’oeil littéraire.
Observez les jeunes de vingt ou trente ans, eux ils savent ce que c’est l’amour. Ils savent pas qu’ils vont l’oublier, qu’ils seront privés plus tard, eux qui pensent être en train d’investir un terrain pour vivre. Ces jeunes sont peut-être bibliophiles, ils font, on en sait rien, peut-être collection de vieux volumes de littérature, ou sociologie ou architecture, ou bandes-dessinées érotiques. Et leur capacité de concentration n’est pas très usée. En tout cas, je ne pense que tous les jeunes aient rejeté les livres. Mais ceux qui aimeront les livres auront leurs extases devant un écran. C’est cela qui est irrémédiable, mais qui ouvre sur des curieux cas d’exception. C’est à dire, comment arriver à bien écrire dans une littérature de l’écrivain improbable ? Moi je dis que le fait que toute l’humanité se mette à écrire quotidiennement et à lire les autres, ne soient que de petits messages, ça va rendre inopérant le métier d’historien du littéraire, qui sera confondu et renvoyé chez lui. Le soleil brille dans le soir : deux dames sont passées sonner à ma porte. J’ai demandé du temps pour enfiler un pantalon et une chemise, mon ombre projetée sur le rideau de la porte, et je suis sorti au jardin discuter avec elles. Avant qu’elles introduisent la conversation je leur ai posé comme question si leur visite concernait mon travail ? Parce que c’était un atelier de peintre et je travaillais dedans. Elles se sont excusées et m’ont montré un magazine fort en couleur. « C’est sur si le diable existe », m’a soufflé la plus décidée. Je leur ai dit que j’étais très sensible et que je ne voulais pas de soubresauts. Elles gémissaient « mais c’est positif. C’est pour du bien », et moi « non, pas question si ça commence comme ça ». On aurait dit la tentation de Saint Antoine. Je ne savais qu’il y avait toujours des témoins de Jehovah dans les villes importantes.
4. Le vendredi 21 novembre 2014 par Alain Baudemont
L'étonnante vérité de cette affaire en littérature de message onirique de l'heure des merles, c'est que l'auteur du message avait besoin en prose d'une pendiente qui fît le pendant à celle que porte en peinture, parce que c’est un atelier de peintre et qu'il travaille dedans, Manuel Montero. Malraux disait (en privé) : "il faut bien une guerre ou une révolution pour que les têtes d'affiche de la critique soient remplacées." C'est une constatation importante, et qui veut dire, selon Bernard Frank, que ce n'est pas à la critique de s'adapter au talent d'un écrivain, (Montero se vérifie avec le temps être un écrivain qui a des choses à dire) mais à l'écrivain de prendre respectueusement son parti de la critique. J'aime beaucoup : "Elles gémissaient « mais c’est positif. C’est pour du bien », et moi « non, pas question si ça commence comme ça ». On aurait dit la tentation de Saint Antoine." On voit bien ici que l'humour espagnol de Montero y va, et de son plein gré, et poliment malin. Malin aussi ce bon mouvement en-soi (région singulière de l'être) que de rester sympathisant des loubards, si on se souvient de Loulou le loubard et de sa si jolie Nelly la bourgeoise, un vrai moment de cinéma de l'incandescent Maurice Pialat; on se remémore (avec tendresse) le monde des amoureux, qui ne change pas, que les jeunes de vingt ou trente ans, eux ils savent ce que c’est l’amour, ils savent pas (c'est heureux) qu’ils vont l’oublier. Je ne crois pas à l'enchantement de l'ombre, à l'insupportable longueur d'un rêve noir qu'une écriture de ressentiment poursuit, je ne crois pas dans la détestation des femmes, dans la haine d'un pays qui se suicide, dans la coupure de soi-même, je ne crois pas qu'économiser les nourritures et les mots, on soit encore et toujours en liberté littéraire, je ne crois pas que mourir et m'abandonner au milieu du gué, tremblant de froid, soit une bonne tasse de thé. Je ne crois pas à ceux qui sont connus et qui en plus veulent devenir inconnus. Je crois aux hussards qui se délectaient à croire à l'écrivain qui progresse entre deux blancs. Je crois au lecteur qui croit profondément ce qu'il ne comprend pas et qui ne comprend pas ce qui est mal écrit et qui a tendance à préférer le mal écrit parce qu'il le croit profond, vrai ou faux indifféremment. Je crois à Manuel Montero et à ses toutes gracieuses extravagantes manipulations artistiques. Je crois qu'il n'y a pas lieu de me rassurer, Manuel Montero, qui n'est pas encore dans la banalité du faire, ne gardera pas son or, assurément plus beau que celui de la critique, pour lui seul, qu'au moment clé, il songera aux malheureuses lectrices, aux pauvres lecteurs, privés de l'objet de son attention, qui n'a peut-être pas d'intérêt, sauf s'il fait en sorte d'en avoir pour deux, et plus encore.

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Ces journées à l’atelier ou à Aubervilliers passées à vide, collant des photos déchirés sur d’autres photos, et dans la stupeur du Paracétamol Codéine, déclinaison bâtarde de l’opium et ses dérivés célèbres. Plus l’alcool non avouable. Et sortir comme le danger d’un changement de dimension.
Les collages, eux, avaient quelque chose, on sait pas quoi. Disons que mon oeuvre faisait son chemin, comme un animal quelque peu inventé, mythique ou chimérique.
Effectivement j’ai bien déféqué sur un collage comme j’ai déjà indiqué. Ce qui se passe dans la tête est bien curieux, et si vous avez de doutes et que vous êtes artistes vous avez tout votre temps pour faire l’expérience, aucune pression, moi, je gagne rien. La chose se passa sous l’effet carminatif et aux doux parfums de cactus, de l’aloé vera. Le motif photographique qui a reçu l’objet petit a c’était un relief noir et blanc, de Mitra ou Apollon, sur leur char de chevaux et une autre figure dans la page d’à côté sur le même ton. Alors les conséquences du blasphème s’atténuent ou s’aggravent selon l’intonation du récit, le moment en soi reste pur.
Il n’est pas rare que j’aie des réflexions bizarres ou scatologiques comme celle-là à propos de la merde, quand je prenais de la codéine, les opiacés défoncent certaines limites du langage, certaines inhibitions de base auxquelles nous ne penserions même pas si l’on ne prendrait du tout de la codéine. Je risque la crise hépatique non pas tant à cause de la codéine mais à cause du paracétamol qui va avec. Les risques psychiques sont tellement imbriqués avec les risques psychiques de la personnalité de chacun, que je ne peux que dire mes passages à l’acte, la plupart rétifs à l’appel de la mémoire en tant que tels. En des circonstances de cette sorte, je me dis que mieux vaut que je délire sur un texte sans adresse, publique, édité et non pas envoyé ou partagé. Sinon, de me mettre à délirer à propos de ce que les autres me racontent sur le moment, ça ne donne que des dramatiques malentendus. Et en plus il fait froid, même si une fois dehors je répète comme un mantra qu’il fait juste « frais ».
Ces temps-ci, une amie poète et musicienne m’a conseillé de lire Franz Bardon, et « de pas sauter des étapes ». Vue toute cette prestidigitation juste pour introduire un auteur soit-disant hermétique, je me suis pourvu d’une double vision de ma tâche, d’un côté j’aurais un enthousiasme euphorique à cause de l’origine féminin de mes lectures, de l’autre je ferais les mêmes écarts que j’ai toujours fait, plus pour les sophismes et les bêtises que pour les lacunes des auteurs, qui ne devraient empêcher un honnête talent.
Me voici donc pourvu du feu d’un élan de lecture soutenue grâce à l’odeur de la femme. Malgré que j’ai fait l’expérience d’entendre toutes les alarmes de la critique et même de la prudence. Bêtise maximale par moments, cela voudrait dire. Le chat vérifie toujours que le jouet est bien un jouet et non pas un danger. Et puisque j’ai vu que les trois livres que j’ai, ils déconnent depuis le début, je peux m’attendre à que ça me fasse déconner et halluciner que c’est la musicienne qui me dicte ses désirs, et puis pareil, tout ce qui viendrait d’elle serait oint de l’anthrax porté par les trois livres. Une espèce d’expérience du succube. J’ai tellement vu des photos de cette amie nue, que même si je ne l’ai pas rencontrée, je peux vite me croire dans ses bras et dans ses jambes. Le fait que je traverse un nouveau traumatisme, la suppression de mon compte vidéo professionnel à cause des dénonciations de Joséphine, m’a conduit à me mettre dans la sédation des comprimés contenant de la codéine. Je suis plongé dans une maladresse fondamentale, et seul me rassure le fait de l’écrire à présent, parce que du reste je me sens hautement vulnérable.

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Ces journées à l’atelier ou à Aubervilliers passées à vide, collant des photos déchirés sur d’autres photos, et dans la stupeur du Paracétamol Codéine, déclinaison bâtarde de l’opium et ses dérivés célèbres. Plus l’alcool non avouable. Et sortir comme le danger d’un changement de dimension.
Les collages, eux, avaient quelque chose, on sait pas quoi. Disons que mon oeuvre faisait son chemin, comme un animal quelque peu inventé, mythique ou chimérique.
Effectivement j’ai bien déféqué sur un collage comme j’ai déjà indiqué. Ce qui se passe dans la tête est bien curieux, et si vous avez de doutes et que vous êtes artistes vous avez tout votre temps pour faire l’expérience, aucune pression, moi, je gagne rien. La chose se passa sous l’effet carminatif et aux doux parfums de cactus, de l’aloé vera. Le motif photographique qui a reçu l’objet petit a c’était un relief noir et blanc, de Mitra ou Apollon, sur leur char de chevaux et une autre figure dans la page d’à côté sur le même ton. Alors les conséquences du blasphème s’atténuent ou s’aggravent selon l’intonation du récit, le moment en soi reste pur.
Il n’est pas rare que j’aie des réflexions bizarres ou scatologiques comme celle-là à propos de la merde, quand je prenais de la codéine, les opiacés défoncent certaines limites du langage, certaines inhibitions de base auxquelles nous ne penserions même pas si l’on ne prendrait du tout de la codéine. Je risque la crise hépatique non pas tant à cause de la codéine mais à cause du paracétamol qui va avec. Les risques psychiques sont tellement imbriqués avec les risques psychiques de la personnalité de chacun, que je ne peux que dire mes passages à l’acte, la plupart rétifs à l’appel de la mémoire en tant que tels. En des circonstances de cette sorte, je me dis que mieux vaut que je délire sur un texte sans adresse, publique, édité et non pas envoyé ou partagé. Sinon, de me mettre à délirer à propos de ce que les autres me racontent sur le moment, ça ne donne que des dramatiques malentendus. Et en plus il fait froid, même si une fois dehors je répète comme un mantra qu’il fait juste « frais ».
Ces temps-ci, une amie poète et musicienne m’a conseillé de lire Franz Bardon, et « de pas sauter des étapes ». Vue toute cette prestidigitation juste pour introduire un auteur soit-disant hermétique, je me suis pourvu d’une double vision de ma tâche, d’un côté j’aurais un enthousiasme euphorique à cause de l’origine féminin de mes lectures, de l’autre je ferais les mêmes écarts que j’ai toujours fait, plus pour les sophismes et les bêtises que pour les lacunes des auteurs, qui ne devraient empêcher un honnête talent.
Me voici donc pourvu du feu d’un élan de lecture soutenue grâce à l’odeur de la femme. Malgré que j’ai fait l’expérience d’entendre toutes les alarmes de la critique et même de la prudence. Bêtise maximale par moments, cela voudrait dire. Le chat vérifie toujours que le jouet est bien un jouet et non pas un danger. Et puisque j’ai vu que les trois livres que j’ai, ils déconnent depuis le début, je peux m’attendre à que ça me fasse déconner et halluciner que c’est la musicienne qui me dicte ses désirs, et puis pareil, tout ce qui viendrait d’elle serait oint de l’anthrax porté par les trois livres. Une espèce d’expérience du succube. J’ai tellement vu des photos de cette amie nue, que même si je ne l’ai pas rencontrée, je peux vite me croire dans ses bras et dans ses jambes. Le fait que je traverse un nouveau traumatisme, la suppression de mon compte vidéo professionnel à cause des dénonciations de Joséphine, m’a conduit à me mettre dans la sédation des comprimés contenant de la codéine. Je suis plongé dans une maladresse fondamentale, et seul me rassure le fait de l’écrire à présent, parce que du reste je me sens hautement vulnérable.

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Le sort de l’homme et du taureau sont dans la mémoire de l’éléphant.
Au loisir des éléphants femelle est liée la forme ou l’image de chaque destinée humaine.
Si le pouvoir sur l’âme humaine de l’éléphant va jusqu’aux plus délicates des vengeances et rétributions, pourquoi devrait-on faire comme si les sorcières n’existaient pas. Il ne s’agit pas de leur faire la guerre, elles sont à la base de la beauté du cosmos, ni de faire la chasse de leur sexualité, si mystérieuse. Il s’agit de passer la vie en paix, protégé si l’on le mérite, de tenir la catastrophe suspendue sur un bijou ou sur une oeuvre d’art, et d’entrer dignement chez la femme phallique, représenter son petit rôle, dirait-on, et pouvoir sortir sans panique, respectueusement. C’est ce que j’ai vu faire aux ouvriers chez Joséphine. Pourquoi je n’ai pu moi-même garder le même calme ?
Hier c’était vendredi et j’avais passé chez mon analyste et depuis je ne fais que ça. Garder le calme. Je prends toujours de la codéine pour pas paniquer. Et j’ai pris un Red Bull pour être opératif parce que chez une amie artiste une jeune étudiante de théâtre allais venir poser. Nue comme un enfant, je voyais son petit nez sage, son cul aussi sage qu’elle même et que sa voix d’une politesse liturgique. En fait elle était cultivée comme seulement peuvent l’être les très jeunes personnes, qui peuvent garder la politesse maximal sans la froideur de l’usure. J’ai donc peint un (tableau) tellement discret qu’il est même très vendable.
Le reste du temps j’ai dessiné dans les pages libres d’un livre d’art. Et j’ai parlé avec le minimum de retenue. Bon, quand-même c’était dans le normes, même si minimum. On ne m’a pas fait sentir en trop.
La lumière nous l’avons choisi dirigée vers le plafond, de manière à pas heurter la vue. Nous avons dessiné presque dans le même élan que notre modèle mettait à poser, à décider la pose. Même si la plupart ça pouvait être moi qui lui disait, « maintenant restez comme vous êtes ». Même si elle était déjà universitaire et une jeune personne sage, on dirait qu’à chaque côté de son corps dénudé se tenaient les armures de son papa et sa maman, qu’elle était gardée par un charme naturel et de bon droit. De cette manière ce que j’ai vraiment dessiné avec intérêt ça a été son sourire doux et ses yeux curieux et polis, qui regardent depuis le monde des idées, la réflexion et la connaissance qui donne la bonne naissance. Dans ces conditions, malgré que je lui ai demandé de faire une pose où l'on puisse regarder son cul, nous avons ma collègue et moi expédié nos dessins avec peu de traits, et vite faits.
On peut dire que dans la beauté humaine il y a des choses tellement parfaites qu’elles ne concernent plus l’Art, qu’elles sont d’un autre ressort que de la peinture. Même si un peintre finit par peindre tout et son contraire.

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